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Sexion d'Assaut à guichets fermés
(10-10-2010)

A la suite des propos homophobes de son leader, le groupe de rap préféré du moment a vu la plupart de ses concerts annulés. Les patrons de salles doivent-ils se poser en censeurs ? Le débat fait rage dans la corporation.

Dix-sept points bleus (annulés), trois rouges (complets), deux verts (réservables) : voici ce qu'il reste sur la carte publiée par Infoconcert.com, de la tournée d'automne de Sexion d'Assaut. Le groupe de rap français, star des 10-18 ans, a vendu près de 300 000 exemplaires de son dernier album, L'Ecole des points vitaux. Mais le collectif parisien n'aura pas eu le loisir de savourer les fruits de ce succès exceptionnel, et mérité.

La gaffe abyssale, c'est Lefa (de son vrai nom Karim Fall), l'un des huit membres du groupe, qui l'a faite, en déclarant en avril au magazine International Hip-Hop : « Pendant un temps, on a beaucoup attaqué les homosexuels parce qu'on est homophobe à 100 % et qu'on l'assume. » L'entretien rapporte que Lefa, 24 ans, tient l'homosexualité pour une déviance - une formulation qu'il nie avoir employée - et un péché. « Leurs propos nous gênaient, mais nous n'avons pas voulu les gommer pour autant, car c'était un vilain travers du groupe », explique Yann Cherruault, directeur de publication de ce bimestriel tiré à 37 000 exemplaires, édité par l'association Syndicat cosmopolite-The Truth.

Le magazine est en kiosques en juin, mais l'affaire ne se déclare qu'en septembre, alors que la France des jeunes et de la FM a chanté tout l'été des refrains malins et dansants de Sexion d'Assaut, Casquette à l'envers, Wati by Night, Désolé. C'est sur le compte Twitter de l'anonyme Ouarda (dessin de femme voilée en guise de portrait d'identité) que réapparaît l'objet du délit à la mi-septembre, juste avant la tournée. Très vite, l'information circule sur Facebook, où un nombre croissant d'usagers traquent, et publient, les paroles jugées homophobes, extraites d'anciens titres issus de « mixtapes » (échantillons de studio, jamais commercialisés) ou du « street album » (destiné aux concerts), L'Ecrasement de tête. L'Internet a de la mémoire.

Lancée par des anonymes, la campagne est relayée par les associations de défense des droits des homosexuels, notamment la Fédération LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) et le magazine Têtu. Les excuses et explications du groupe n'y suffiront pas : les portes se ferment. La mise sous silence est-elle une arme acceptable ? Non, selon Daniel Colling, directeur du Zénith de Nantes et de Paris, où la date du 5 novembre est maintenue. « Ceux qui annulent un concert font un procès d'intention, ils condamnent avant. Un directeur de salle n'est ni juge ni policier, et ne peut pas se substituer à la loi. De plus, un contrat artistique ne peut se rompre ainsi, sans cause avérée. »

L'avocat du groupe, Charles Morel, promet d'ailleurs d'examiner les contrats de près afin d'identifier les responsables du préjudice subi. Ses clients ont, dit-il, très vite tenté de négocier, proposant des débats avant les concerts, des rencontres avec les associations gays - un scénario appliqué au Zénith de Pau, où Sexion d'Assaut s'est produit sans troubles, samedi 2 octobre.

Me Morel craint la désinformation : « Les titres contestables datent de cinq ans, ils ont été mis en ligne sans l'autorisation du groupe. Ils ne figurent en aucun cas dans L'Ecole des points vitaux, pas plus qu'ils ne sont chantés en concert, comme j'ai pu l'entendre dire sur une radio nationale. »

Le recours à l'annulation n'est pas si courant. En 2007, un groupuscule d'extrême droite, Jeunesse identitaire, avait mené campagne contre le rappeur Sniper. Par peur du désordre, des élus avaient milité pour l'annulation de ses concerts. En 2008, les chanteurs de reggae jamaïcains Sizzla et Capleton ont été l'objet d'une campagne internationale menée par des associations gays, pour avoir enregistré des chansons dramatiquement homophobes. Ces artistes, tout comme le Guadeloupéen Admiral T, ont ensuite accepté de signer une charte de bonne conduite.

En 2009, c'est le rappeur normand Orelsan, auteur d'un clip très dégradant pour les femmes, Sale Pute, diffusé sur le Net, qui suscite l'ire des associations féministes. François Bonneau, président (PS) de la Région Centre, menace alors de retirer des subventions au Printemps de Bourges si le garçon s'y produit ; Daniel Colling ne cède pas, mais en juillet, les Francofolies de La Rochelle annulent sa venue. Orelsan était peu connu, alors que la popularité de Sexion d'Assaut ajoute au problème.

Qu'est-ce qui pousse un responsable culturel à l'annulation ? D'abord, la peur du trouble à l'ordre public, répondent directeurs de salle et tourneurs délégués. Que des maires se soient clairement exprimés dans la presse régionale, arguant de la protection du jeune public, tels Jean-Claude Boulard, maire (PS) du Mans, ou Alain Queffélec (PS), maire de Guipavas, près de Brest, ne les ont pas influencés, disent-ils. Les raisons ayant amené à cette forme de censure sont autres. Didier Veillault, directeur de la Coopérative de mai, à Clermont-Ferrand, qui avait annulé Capleton mais maintenu Orelsan, invoque « un climat économique et social tendu, où les artistes doivent tirer les gens par le haut ». Le Transbordeur, à Lyon, va plus loin en dénonçant l'extrémisme potentiel « de gens qui disent ce qu'ils ont dit dans l'interview », ajoutant à la liste des récriminations la défense de l'islam suggérée par le groupe dans International Hip-Hop.

Y a-t-il acharnement ? Oui, dans les médias, répond le journaliste Olivier Cachin, auteur notamment de Rap Stories (Denoël, 2008). « Annuler, c'est répondre à la bêtise par la bêtise. On leur dit : quoique vous fassiez, vous resterez dans votre communauté. Ces réactions véhiculent tous les clichés entourant le rap, et l'on voit une partie des médias, des hommes politiques, ravis de retrouver cette caricature comme ils la pensent. »

Ce sont les qualités artistiques, « la fraîcheur, l'innovation » qui ont poussé Stéphane Le Tavernier, PDG de Sony Music France, à signer un contrat de licence avec la société du groupe, Wati-B, en 2009, ou la société Because (Charlotte Gainsbourg, les Rita Mitsouko) à abriter les droits éditoriaux de leurs oeuvres.

Le Chabada d'Angers n'avait pas annulé Orelsan, « car l'artiste avait mis en scène au second degré un personnage sexiste et nul », explique François Delaunay, son directeur. Déçu des « communiqués couillons » de Sexion d'Assaut, il a été le premier à éconduire les rappeurs, en accord avec le maire, Jean-Claude Antonini (PS). « Puis, le réseau professionnel s'est mobilisé pour défendre ses valeurs artistiques. »

Le réseau, qu'avait choisi d'emprunter le tourneur lyonnais Yuma Productions, est celui de la fédération Fédurok, qui regroupe notamment des salles de capacité moyenne (de 800 à 1 500 places) souvent municipales, labellisées Scènes de musiques actuelles (SMAC) par le ministère de la culture. Ces salles « citoyennes » ont souvent noué des partenariats avec des associations gays.

Y a-t-il une fracture sociale ? Malgré une iconographie guerrière, courante dans le hip-hop, le cliché « gangsta rap » ne s'applique pas à Sexion d'Assaut, un groupe parisien, très éloigné de la problématique des ghettos. Elevés dans le 9e arrondissement de Paris, avec un coin de 18e, un autre de 10e, les huit rappeurs de Sexion d'Assaut ont fréquenté les collèges Yvonne-le-Tac ou Paul-Gauguin, à la croisée des chemins entre la bourgeoisie du quartier Saint-Georges, les nouveaux bobos de la rue des Martyrs, les magasins de musique de la rue Victor-Macé et les logements sociaux du square Montholon.

« A la base, il y a pas mal de frustration, explique Lefa. Les moins aisés, qui vivent à plusieurs dans une chambre, côtoient les riches de l'étage du dessous. C'est aussi un quartier d'artistes. Nous, on est très mélangés, d'origine zaïroise, sénégalaise, guinéenne, malienne, maghrébine... Il y a une vraie richesse du 9e, une compétition positive. C'est pour cela qu'on est des battants. »

L'homosexualité n'est pas l'option de vie la plus communément admise dans les classes populaires, même au coeur de Paris. Alain David, le maire (PS) de Cenon (Gironde), une ville qui a ses tours et ses cités, est persuadé qu'« il vaut mieux faire de la pédagogie que faire l'autruche ». Il a soutenu Patrick Duval, directeur du Rocher de Palmer : le concert du 23 octobre est maintenu contre vents et marées, avec débats citoyens, tracts et rencontres.

« Il faut parler, dit Patrick Duval. Ne pas séparer, quand on sait, par exemple, que certains sont toujours sénateurs alors qu'ils ont été néonazis dans leur jeunesse. Bordeaux a traîné pendant dix ans comme un boulet le procès fait en 2000 par des associations de défense de la famille contre l'exposition «Présumés innocents» au CAPC. La Mairie de Paris vient d'interdire aux moins de 18 ans l'exposition du photographe américain Larry Clark. Mais les mêmes donneurs de leçons vont se battre pour avoir Bertrand Cantat en concert sans se poser l'ombre d'une question. »

Pour Sexion d'Assaut, la surprise est venue du milieu homosexuel. Premier appel au calme, celui d'Alexandre Marcel, élu « gay de l'année » par le magazine on line Yagg. Puis, le ralliement de Louis-Georges Tin, président du Comité Idaho (International Day Against Homophobia) et vice-président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), « parce que le dialogue doit primer, qu'il faut aussi aller contre l'idée que tous les noirs et les «rebeux» sont homophobes, sexistes, et antisémites ».

Entre-temps, Lefa dit avoir évolué. « J'étais dans l'ignorance, nous a-t-il déclaré, le 7 octobre, au téléphone. Nous, on a baigné dans le rap cru. Avec nos codes de bande. Le travail que font ces associations, je n'en avais même pas idée. A présent, on a envie d'éduquer notre public, parce qu'en réalité les associations et nous, on dit la même chose. »

Véronique Mortaigne
(Le Monde - www.lemonde.fr)


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